mercredi, décembre 27, 2006
Fondre au noir
Mais les boutons, la mécanique ne peut expliquer cette vague. Le silence. La neige dehors. Assis sur le plancher, quand l'aiguille tique. Je remonte le temps. Parce que je ne suis plus aujourd'hui. La seule chose à lier est ma folie, mon absence. J'ai déjà quitté, pardon. Au cinéma, on appele ça une fondue enchaînée. Dans mon cas, il n'y a que les premières images, quelques souvenirs d'un passé heureux. Le reste est noir, et je vous attends, votre doux atterissage dans ma paume ouverte.
La nouvelle année arrive, mais je suis un générique de fin de film.
dimanche, décembre 17, 2006
Nouvelle année
vendredi, décembre 08, 2006
Magnétisme
Il n'en fallait que deux pièces, qu'on décrochait du frigo ou retirait d'un jeu d'échec magnétique par exemple. Mon frère et moi étions possédé par ce jeu à la surface carrotée, rouge et noire, qu'on trouvait au magasin du dollar. C'était fait en Chine sans doute, mais j'étais sûr qu'il devait y avoir un responsable derrière cette idée. Car ce jeu exerçait un pouvoir immense, une fascination complète chez l'enfant que le morcellement et la chute guettent à tout moment. Nous le prenions avec nous partout, comme si nous avions glacé les jours et vaincu toute métamorphose possible du temps. C'est fait, c'est ça! Tout y est! Les aimants faisaient l'ancre qui coulait tout dans l'éternel. La terre pouvait trembler, les voyages nous emporter, que la partie devait continuer. Échec! Gâre à toi! Mais on se réveille toujours de cette euphorie; nos armées démembrées, pêle-mêle, les figures détachées de leur socles...
Je suis façonné par le jeu des aimants.
Il n'en fallait que deux. Je note: Résultat #1 - une attirance intacte, ennuyeuse presque, sans conclusion. Résultat #2 - une fébrile danse de répulsion. Il y a toujours une attraction pour l'un ou l'autre, la vie ou la mort, par exemple. Ou encore, l'oubli et la désinvolture ou le passé. Je suis du deuxième groupe dans ce cas, s'il faut choisir, j'aime les pantalons délavés, les machines oubliées, l'obsolète. Je vous parle de magnétisme car je danse malgré moi sous ces pulsions que mes doigts d'enfant ont déjà tenté d'attraper.
Notre maison, je la quitte toujours doucement que pour refranchir son seuil et me permettre ces voyages. L'alchimie du lieu devenu luxe, transformer le présent en passé est ma maladie. Alors je fond dans le bain la nuit quand j'y retourne, pour abolir les pôles, le plus ou le moins, et ne plus voir la légèreté du plomb des choses. Goûter le silence d'avant le monde sauf que maintenant, ce sont ceux qui m'ont mis au monde qui dorment.
mardi, décembre 05, 2006
Bouffée
dimanche, décembre 03, 2006
Maux
you're okay, alright. you're okay, it's not fine
boum derrière l'oeil, c'est tard mais j'aime que la nuit reste, quand elle dit oui, quand on lui dit qu'elle peut rester, dormir ici, dans mon coeur.
jeudi, novembre 23, 2006
Le saut
Et si j'ouvre les yeux, je vois l'impossible. Il y a des choses comme ça, tout de suite, je les sais comme rayés de ma carte. Les jours de novembre, le soleil en halo, le téléphone qui ne sonne plus, tout m'apparaît comme une mince ligne qui me fuit. Certains l'appellent 'horizon'. Moi, 'l'impossible'. Le saut en est un autre exemple. Les jeunes filles le font à la corde, les garçons avec un ballon vers un anneau suspendu. L'intenable suspension, nos enfances écoulées dans la cour de récréation l'ont mise en pratique. Faire de ces milliers d'infimes moments comme un sourire rapiécé, piètre moquerie à l'attraction terrestre.
Le père de mon ami a appelé. Comme j'entends à travers les murs, je peux le raconter; mon ami lui parle de son travail, de sa copine, du chat qui habite ici, où nous l'avons trouvé. De ça et d'autres choses. C'est d'une beauté impossible. Car même le mot 'chat' , je dois le traduire. Mon père. Nous n'avons pas la même langue depuis toujours. Comme j'aimerais t'appeler, te réveiller cette nuit, te dire quelquechose. "Tu sais, il y a un chat sous mon lit".
samedi, novembre 18, 2006
Pain et amour
L'amour est comme le pain. La vie de couple vient chercher à la même heure sa miche blanche, serrée sous son bras, sans question, sans conscience de sa chaleur maintenant éteinte.
mercredi, novembre 15, 2006
Le monde
lundi, novembre 13, 2006
La main
C'est que quelques années ont passé, sans que je ne sache comment les mesurer. Et nous étions toujours restés là, cette petite période d'avant la grande amitié. Sous la lumière berçante de la cuisinière, elle me la montre d'un air espiègle comme si nous étions enfants, qu'elle l'avait dénichée dans la cour d'école, ou volé à sa mère. Et ses yeux étincellent.
Regardes-ça...On a fait ça à l'Ile. Non, sans la famille, c'aurait été beaucoup trop cher.
Pourtant, je n'avais jamais pris le soin d'arrêter mes yeux sur ses mains, à elle. Le regret est fait un peu de ce genre de découvertes tardives. Celui d'un terrain devenu chantier ou d'une photo d'un proche perdu, toutes les choses qu'on aimerait avoir dites.
Ou comme cette petite bague à son annulaire ce soir.
dimanche, novembre 05, 2006
La vie selon Wikipedia
Wikipedia définit la vie: Life itself is a set of processes that are carried out by an organism causing it to survive. L'étymologie de triste en anglais, sad retrace les origines probablement à Saths du goth, pour plein, satisfait, tout comme du latin; satis, assez, satur, satisfait. Étrange.
Je suis bien un organisme dont plusieurs mécanismes me maintiennent en vie. Je suis en vie, je crois, mais le problème n'est pas là... Ma vie n'est qu'envies.
mercredi, novembre 01, 2006
Saison des pluies
N'ai-je pas déjà visité ce coin de rue? ce marchand de fruits? ces vendeurs de films hollywoodiens? Peut-être. Parfois, tourner en rond réconforte. Tiens, un attroupement. Un gars est encerclé devant le 7-Eleven, la tête légèrement baissée, alors que des hommes en vestes de cuir gueulent et crachent à son visage. J'ai compris dans cette ville le timbre de l'injure avant celui des salutations.
Aux petites heures du matin, on se retrouve entre amis au nom de pays. Les français fument, l'irlandaise a les yeux irrités, la danoise se colle un peu sur moi. On pointe l'image des plats dans le menu et il y aura toujours cette drôle d'incertitude quand ils nous sont servis. La bière coule et nous aussi, tard dans la nuit et les néons, dans les traces d'une ville inconnue et tentaculaire. Quelle jour était-il? Quelle saison à la maison? On ne savait rien, rien du tout, comme une enfance qui retient le rideau de la nuit.

dimanche, octobre 29, 2006
Lueurs de Kuala Lumpur
- Hi, I'd like a café au lait please.
- I'm sorry, what?
- Hum... cafe LATTE please?
- Oh, Yeah. Sure.
- ...
C'est confirmé, une fois de plus. Demander un café au lait, prononcé en français, ne mène à rien aux États-Unis, même s'il est vraiment écrit comme cela sur l'ardoise. Assis, je joue à regarder ces étudiants faire un travail que je connais bien, derrière le comptoir. La jeune femme, mon âge peut-être, a un regard d'une tristesse creuse, où d'un manque de sommeil sérieux. Je ne sais lequel choisir. Son rire apparaît comme de fragiles bateaux en papier sur l'écume. Tout à coup, elle chavire, et échappe un cri: GOD!! MY LIFE SUCKS! Je ne sais pourquoi. Ca m'a tellement fait du bien d'entendre ca. Non, je ne souhaite pas le malheur chez des inconnus. Peut être juste qu'on m'enlève un peu les mots de la bouche.
mardi, octobre 03, 2006
Acoustique

A chaque soir, il détache la selle du vélo et puis monte les escaliers en courant. Une feuille jaune que la semelle de son soulier piétine assourdit le rugissement du centre-ville au loin, tout est renversé dans un souffle, à bout de souffle d'automne. Pour recommencer comme les martyrs qui se dessinent à la bombe sur le pavé, devant l’ordinateur, il faut choisir encore et encore la touche: NEW BLANK DOCUMENT. C'est comme tout peindre en blanc.
27 septembre, ceci. 28 septembre, rien. 29 septembre, ça. Quelques lignes de fausses misères, de vacuités adolescentes. Les confessions se mesurent en bits, titrées en chiffre. Les poèmes, les testaments, les secrets de nos mécaniques se sédimentent en kilo-octets. "À l'aide!" cri-t-il, mais on a compris ceci: "010101111100101010111101101"
Les acousticiens notent que l’oreille humaine entend les sons de 20 à 20 000 Hertz.
jeudi, septembre 14, 2006
samedi, septembre 09, 2006
Nos chandelles
Romain. Mon premier ami m'a appris l'étourdissement des hauteurs. Il devait faire quelques têtes de plus que le garçon gêné que j'étais, mais c'étaient surtout ces balles de tennis qu'il savait lancer droit vers le ciel en chandelle. Et nous restions là, dans la cour d'école, alors que notre projectile se fondait comme une goutte dans le ciel d'automne. Je retenais doucement mon souffle.
Puis la mère de Romain mourut. Son père continua à le mener à l'école le matin sur le trottoir, le dos un peu courbé. Puis je ne l'ai plus revu. Et enfin, nous déménagions. Du 4 1/2 à la grande maison de banlieue, trop de choses nous ont échappé. Trop de vide s'est déversé entre nous comme un torrent qui tourmente les lettres d'un simple mot. Adieu les lits superposés, la cuisine trop petite et le papier peint de plage des Caraibes pour nous libérer. Les nuits, on ne pouvait plus espionner notre père étudier, car il n'était plus ici. Comme l'entendre se brosser les dents tôt le matin en écoutant la radio trop fort. C'est à cette époque que les choses ont commencé à se passer derrière les portes, ou loin d'ici.
La première nuit dans cette immense maison, nous avions dormi les quatre sur un même matelas, dans cette pièce nue, sous la douce lueur des chandelles.
mercredi, août 23, 2006
Le bossu
I could be nothing without you
Said the waves to the sand *
Ces douleurs douces au dos gênaient son sommeil. Ce n'était pas la foudre, rien qu'un léger engourdissement qui gagnait son corps conquis. En y repensant, ce n'était une 'douleur', plutôt un mal, oui, celui d'une absence. Une paume glissant comme une goutte sur sa peau, comment se souvenir? Il avait oublié ce qu'était de poser la main sur son ventre rond, et de tracer avec son pouce comme un compas une fine esquisse. Il y avait déjà eu sous mes doigts, comme dans un filet, les marées de ton souffle doux.
* Great Lake Swimmers
vendredi, août 18, 2006
Patience
vendredi, août 11, 2006
Sur le seuil
C'était fou, tu ne sais jamais où tu pars, où tu es et puis voilà, tu descend d'un avion. On te dit de rien faire, de les laisser se tirer. Tu es en Bosnie, c'est l'année 1999. Puis, tu étais très près de cette fille, militaire comme toi. Tu me demandes d'essayer d'imaginer le plaisir d'un confort, d'une intimité si fort car si loin de chez toi. On allait se voir le matin, et on partait tirer des cibles ensemble. Et il fait si chaud qu'il faut sortir du tank pour respirer, elle et toi. On dit que la guerre est pleine de drapeaux de haine, alors qu'elle ressemble à un souffle juvénile et presque naif de vie. Elle est morte en te faisant face, son sang sur tes vêtements.
On ne ment pas avec tel éclat, mais il y a des choses que je ne peux croire, car l'horreur est un visage qui ne se raconte pas.
mardi, août 08, 2006
Poings à la ligne

J'aimerais être un street fighter, vivre qu'en deux dimensions, sur cette ligne horizontale, et ne jamais tourner le dos aux gens. Avancer ou reculer, mais le regard toujours vers le même désir. Tout doit se passer dans l'en-deça: 3 rounds, 3 épisodes et puis c'est tout. Car c'est vrai, l'au-delà lui, n'existe pas. L'adversité peut porter différents noms, les secondes peuvent s'égréner, je m'en fous. Nous sommes sur les planches pour exploser, fonçant la tête baissée. Et la gloire n'attend qu'à être cueillie. Je crierai adouken pour faire jaillir ces flammes du fond de mon coeur.
Nul ne se doute qu'on est que pantin, que quelquepart ailleurs, les flèches nous jettent des sorts et nous tirent les cordes. Au bout de leurs doigts, on pense leur échapper, voler presque.
dimanche, août 06, 2006
La marmite
Toi.
La nuit, insomniaques sont les faibles lueurs dans ce ciel d'été jamais obscur. Et sans relâche le cycle qui dans nos têtes va et vient. Et pourtant, c'est là que le voyage dans le temps s'opère, que tu choisis de revivre les derniers jours, mêmes les dernières années. Ce que j'aurai pû dire, ce que j'aurai dû répondre. Ici et là. Tu aimerais revenir et écraser ces voix, ces questions pour briller un peu. Et alors tu songes dans le silence de ta maison ... où vont nos voix? Où s'évanouissent les timbres des paroles les plus tendres, les mots maintenant oubliés? Difficile de concevoir cet abîme où glissent d'abord un son, une phrase, une idée, puis nos enfin, nos vies aussi.
Minuit passé, personne avec qui jouer au jeu de la marmite. Dans ton lit, tu penses aux gens que tu aimes et tu pries pour eux. Mais une brume se lève dans le puits de ton ventre car les traits de leurs visages ne te parviennent plus. Sur la toile de la nuit, tu n'arrives plus à esquisser même le visage de tes parents.
dimanche, juillet 30, 2006
Désert d'hommes
La musique, c'est comme les mots. L'illusion de la virtuosité et du prodige n'apparaît qu'aux âmes flouées et myopes. Il y a une différence entre la parole et la poésie, entre les gammes et le feu sous la peau.
jeudi, juillet 20, 2006
Espérances de vie
Tout n'est que mathématique, mathématique-tac, tic-tac, tic-tac, nous coulons sous le sablier renversé. Comme pour ces grains de sable dont la chute est inévitable, tout demeure lointain, inacessible derrière la paroi de verre. Rien à quoi s'accrocher, rien pour nos mémoires. Mais c'est le sable même qui créa le verre, sa cage...
mardi, juillet 18, 2006
l'Amour est à Villeray
Montréal/Villeray, Montréal (ouest) Qc
DATE DE PARUTION : 2006-07-17
Triste? Down? On vous remonte le moral
Ce site internet permet de trouver des matelas, des selles pour vélo, des vieux posters, de tout mais aussi un peu d'amour qui coûte ici 5 dollars la journée. Il ne semble pas y avoir de contrat nécessaire comme avec les compagnies téléphoniques, où les offres sont souvent valables que pour une durée d'un an. L'épicentre de l'Amour à revendre se situe à Villeray, à 7 kilomètres de chez moi. Mais la distance n'importe pas, car l'amour transperse les frontières, même celles du réel, du tangible. Envoyer moi un poème d'amour avec une ligne vide où je n'aurai qu'à ajouter mon nom. Appelez moi le matin, quand je croupis sous le spleen. Faites moi parvenir des cybercâlins l'après-midi, quand j'arrive vers 5 heures sous le désordre de mes émois. Dites moi comme je vous importe, comme je vous rend heureux, comme vous m'aimez.
Comment on épelle mon nom?
vendredi, juillet 14, 2006
Les limbes
- Ouuui , mon hésitation me surprend, après tout, je suis bien placé pour le savoir.
- Donc, c'est le même que sur le baptistaire, y'a pas de Joseph au milieu, ou quelquechose?
- Non. Pas de Joseph dans mon nom.
La négation fut entièrement positive. D'abord, il y a eu ces lignes lors de la conversation au téléphone dont je n'étais pas certain de comprendre l'enjeu. Vais-je rentrer dans le Royaume de Dieu? Serais-je confié à la miséricorde du Seigneur? Nous les foetus, les embryons sans l'eau sanctifiante du baptème, où irons-nous? "À moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut voir le Royaume de Dieu" (Jn 3, 5) Mais nous n'avons pas pêché, pas offensé Dieu, et ne sommes pas baptisés. Les limbes nous attendent-ils?
- D'accord, c'est seulement pour le suivi judiciaire, puisque c'est le gouvernement du Canada qui nous emploi.
- Can you speak English?
C'est la réplique soudaine, le moment artifice qui me fait sourire à l'intérieur. Ne serait-ce pas plus délicat de poser la question en français? Can you speak English? s'entend How well do you speak it? Et démontrez-le moi tout de suite, car je ne l'oublie pas, je suis en pleine opération de charme.
- Where did you learn it?
- At school, but also with tv and movies I guess...
- Can you tell me about your last job... why did you ...quit?
Sa propre maîtrise de la langue semble douteuse, alors que je suis celui sous évaluation. Je lui explique que je suis parti en voyage quelques temps. Que j'ai fait la cuisine chez les soeurs que quelques mois. J'aime qu'on me pose des questions, car parler est un goût que je développe encore. Tout vient en rafale, plus ça va, plus je deviens flot de paroles vides, car on se fout de qui je suis. Pourvu que mon casier judiciaire soit propre, que mon permis de conduire soit valide, qui mon numéro d'assurance sociale soit juste.
- ok, donc c'est quoi tes dispo?
Fermer la paranthèse, retour au français.
Puis elle me tend une feuille de papier, je la reçois avec mes deux mains, comme mes parents m'ont toujours dit de faire. Elle est titrée: Groom & Associés. Timesheet. Mon nom y est déjà indiqué, je suis le 3262. En bas et à droite de la page sont indiqués les jours de la semaine sur la colonne, alors que la rangée au dessus affichent les articles de/from et à/to. Quelquechose me dévore. Je suis devenu une grille, et mes jours seront calculés, divisés en chiffres pour être casés ici AM puis là PM. J'apprendrai que les couleurs ne peuvent que danser à l'intérieur des lignes. Rien ne doit dépasser.
mardi, juillet 11, 2006
a momentary act of madness

Yeah, the other player was out of line. Zin could have killed him though. A local player was killed with a ball to the chest. Also my kids watched that game (age 4 and 2). They started head butting each other in the chest... tel que lu sur un forum discutant de l'incident Zidane-Materazzi
Plusieurs professionels italiens de la lecture sur les lèvres ont été interpellés et quelques interprétations furent proposées, Materazzi aurait dit à Zidane:
" son of a terrorist whore" ou "I wish you and your family die an ugly death."
Puis dans un quelconque quotidien:
Zinédine Zidane began life as a street footballer in La Castellane, the tough suburb of Marseille in which he grew up. He ended it last night as a street fighter in one of Europe's most historic stadiums and in front of a worldwide audience of millions.
À son retour sur les champs élysés, Zidane est acceuilli comme héros par le président de la République, qui comme le peuple français lui offre pardon et compassion pour son acte disgrâcieux.
"...The dishonest, double-crossing Jacob goes on to become the leader of the Jews, and Esau is left out in the cold, a forgotten man, a worthless nobody... Jacob had the spark of life in him, and Esau was a dumbell... If you're going to choose one of them to lead your people, you'll want the fighter, the one with cunning and wit, the one with the energy to beat the odds and come out on top. You choose the strong and clever over the weak and kind...He might not always play by the rules, but he's got spirit. And when you find a man with spirit, there's still some hope for the world." Paul Auster - The Brooklyn Follies
vendredi, juillet 07, 2006
La visite
HAAAAAAAAAAAAAAAAAA
Je crie. Juste un peu. Rauque. Faux. Ca fait dix fois que je repasse dans la même pièce, mais pourquoi? Quelquechose de travers dans ma cage, un sceptre, mais à qui la main? Je profite pour vérifier mes courriels, espérant un miracle tombé cette dernière minute. Enlarge your penis. Stretching pussies La mode est à l'acrobatie sexuelle, soyons architecte de notre corps, cette feuille de papier.
Il est déjà 8 heures du soir, les rideaux du jour se ferment bientôt, je prend mon courage à deux mains pour sortir. C'est là que je trouve par terre, sur les murs, dans et sous mes souliers, elles sont partout. Des milliers, des milliards de fourmis. Comment savoir, comment compter? D'autant plus fascinant qu'elles aient choisi la porte de devant, je me dis, elles ont peut-être même essayé la sonnette. Comme l'eau d'une pluie trop forte, elles coulent sous la porte. Et j'ai été frappé d'une profonde tristesse. Comme si j'avais quitté mon corps, et vu ma propre incompréhensible errance.
mardi, juillet 04, 2006
Écrire.
J’aurai voulu être si étourdi pour enfin confondre mes langues, mes phrases, les respirer et ne plus être lié. J’aurai voulu ne pas effacer chaque mot comme obsédé par la peur des traces derrière et du blanc devant. Peut être l’ordinateur est-il devenu un lieu de recueillement, recueil et ment comme dans un moment de prière, seul. Mais on tournera toujours autour du vrai, autour de l’insaisissable proie.
Écrire est un verbe qui me conjugue...
mardi, juin 06, 2006
Le sommeil
six, six et six
je t'aurais dis : "la fin du monde est aujourd'hui, ne perdons une minute, le crématorium, ses feux impardonnables viendront nous chercher. alors reprenons nos valises et exilons nous, ensemble, sans peur, dans l'embrasure de l'horizon en braises, échappons nous de l'Holocauste des solitudes, viens, je t'en prie
la pensée du jour n'est ni prophétique, ni apocalyptique. Seulement, des mots qui se cognent contre mes murs. Et mes désirs sont délires.
Am I silly?
Am I silly?
Am I silly?
mardi, mai 30, 2006
lundi, mai 01, 2006
Mers et montagnes
J'attends grand-maman devant les statues toutes blanches à l'entrée du temple bouddhiste. Il paraît qu'elles sont sculptées du fameux marbre des montagnes du Viêtnam central, puis envoyé sur les mers, pour un jour s’asseoir au coin de Parthenais, à Montréal, à l'ombre des briques et des clôtures.
Nous profitons du soleil et du vent doux pour aller au marché. Un peu plus à l'est, sur Ontario, nous entrons dans cette épicerie bien discrète. "Viens, prend ce que tu veux" m'indique ma grand-mère d'une voix qui rappelle les temps de guerre et de faim. J'ai oublié la précision des instants premiers, mais je me retrouva instinctivement attiré vers la caisse, prêt à intervenir. C'est là qu'une cliente haïtienne, je le devineras plus tard par son accent, laissa échapper une pièce de 5 sous sur le comptoir, geste que la caissière vietnamienne comprendra comme l'insulte suprême. En un instant, elle récupère la pièce et le lance d'une rare violence, à bout portant, sur la cliente, tout en l'injuriant d'un presque-anglais: You, you go to die! La pauvre cliente de répondre: C'est quoi le rapport, je viens acheter dans ton magasin! A mes yeux, jamais le castor n'a si bien esquissé l'identité canadienne.
J'ai bien cru pour un instant être le seul témoin d'un tel affrontement, la mère de la caissière invisible en arrière-plan, son frère plongé dans le journal derrière le comptoir des viandes, ma grand-mère le nez dans les laitues. De toute évidence, la cliente avait négligé l'impératif de l'établissement concernant les sacs à main à déposer avant d'entrer. Mais laviolence est toujours aveugle, toujours désespoir.
Lorsque vint notre tour de payer, je fis bien attention de ne rien échapper. La caissière, remise de ses émotions peut être, nous servit avec le plus grand sourire, appelant ma grand-mère Bac, et moi, Em, "petit frère"
Quelquechose m'échappe.
samedi, avril 29, 2006
Le métro

- Tu écris toujours? lui demandais-je.
A cet instant, nous déposions le pied sur l'escalier roulant. Marcher avec quelqu'un m'est un geste étranger, moi qui ne sait pas danser. Je croyais bien m'immobiliser, pour qu'ainsi nous puissions étirer ces moments partagés et laisser l'ingénierie souterraine nous bercer vers les wagons. Mais j'ai dû la suivre, elle qui refuse de rester, de s'abandonner au cours automatique des choses.
Je me souvenais plusieurs hivers déjà derrière, quand nous nous découvrions à travers les mots, entre les lignes. Une nuit chez elle, j'avais eu le malheur de feuiller ses écrits lorsqu'elle sortit de la chambre et d'entrevoir en un instant mon nom. J'avais fini par partir, sortir et témoigner seul d'une fine neige sur le pavé des nuits désertes.
- Non, j'ai arrêté de dessiner, de jouer de la musique, et enfin d'écrire. Nous continuions à descendre. Je pense que ça me fuckait peut être trop, que c'était irrationnel...
C'est étrange, douloureux de réaliser au milieu de conversations, parfois qu'une petite phrase qui nous étouffe, comme on s'éloigne de nos amis, comme il est dur de garder les mêmes chemins. Mais encore, qu'est-ce que l'amitié? Nous nous rencontrions pour la première fois en plus d'un an, nous avions tous les deux voyagé si loin. Je le sais, enfin, je me leurre peut-être, ces distances, ces amitiés incertaines, je ne les blâme que sur mon coeur égaré, quelquepart dans une fin du monde.
Une étrangère me frôle, sa douce main sur mon épaule. Tant de frissons me parcourent comme le tonnerre, sa lumière dans mon champ de l'oubli.
vendredi, avril 21, 2006
L'angoisse est un marteau
*By the Cathedral (Karen Ann)
lundi, avril 17, 2006
The story of my life
- What about a pizza right now?**
Woody Allen refuse
- It's the story of my life
Se dit la femme
La vie en une ligne devient un parcours miné de refus. C'est une phrase plein d'amertume, de pitié de soi, comme si l'un s'observait du ciel en se commentant telle une partie de hockey.
Il y a encore ces rêves troublés de triangles qui viennent perturber mes nuits. Sur les pupitres se brouillent mentons appuyés, chevelure blonde de désir et pages blanches chiffonnées, déchirées. Par dessus tout, on nous demande de tracer cent équilatéraux, mais pas d'isocèle. Comment faire? Comment dessiner, même esquisser la perfection. Et encore, où sont nos règles, nos compas et nos mesures? Et le temps pousse, comme s'assoient sur nos dos tout ces grains du désert, de nos vides et de nos impuissances. Le coeur débat, comme pris dans des angles incommensurables. Il faudra faire vite et terminer avant la cloche et dans l'ivresse tourbillonnante se mélangent enfin les lignes et l'arithmétique d'un visage, d'une voix douce que j'aime. A main levée, je réussirai peut-être...
Le rêve d'hier... un peu l'histoire de ma vie
** Manhattan Murder Mystery (1993)
samedi, avril 15, 2006
Fragment
I feel fucked.C'est tellement rassurant d'avoir un bouc émissaire, un vase où jeter les fruits de nos tristesses. Alors nous dirons : "C'est l'horloge biologique, les temps modernes, ou les printemps étouffés", c'est tout sauf mon coeur qui n'est plus en feu.
Je respire depuis déjà plusieurs fois la Nuit ici, sans cesse dans le décalage, car jamais rien ne semble réussi, à l'ombre de mes espoirs, comme de l'achèvement idéal. Pourquoi ce goût toujours amer de l'incomplet en moi? Tu me diras, nous ne sommes ici sur Terre qu'en moitiés.
vendredi, avril 14, 2006
Une voix claire
mardi, avril 11, 2006
Les années lumières
lundi, avril 10, 2006
Kyoto sur la langue
C'est ma fête, encore un jour quand seul et moi en un, la fête elle semble folle, venue d'ailleurs et ne me tente pas. Pour cette année, je souhaite des sourires, peut être même venant du fond de mon coeur. Et qui sait, peut être dormir un peu, une épaule, une chevelure, un corps vu de trop proche qu'on doit le fragmenter. Un peu d'amour peut être.
dimanche, avril 09, 2006
Sous le St-Laurent
"Qu'y a-t-il derrière ces murs?" Avec sa main droite, elle tournera le bouton du volume avec une précision soignée. Crescendo et descrenscendo et on sentira presque le grichage des ondes interrompues devenir les vagues de la mer. Les bris et les cris des eaux, la voix d'un fleuve vers un temps ancestral où la vitesse n'était que projet. "Oh, depuis quand nos corps se projettent-ils ainsi?"