dimanche, août 06, 2006

La marmite

Jeunes, allongés dans notre lit, nous nous imaginions autour d'une énorme marmite en train de préparer un potage. Alors pour s'endormir, on énumérait à tour de rôle toute sorte de nourriture. Des carottes. Des patates. Des choux... jusqu'à ce que mon frère décide de m'y jeter aussi, pour mettre fin au jeu.

Toi.

La nuit, insomniaques sont les faibles lueurs dans ce ciel d'été jamais obscur. Et sans relâche le cycle qui dans nos têtes va et vient. Et pourtant, c'est là que le voyage dans le temps s'opère, que tu choisis de revivre les derniers jours, mêmes les dernières années. Ce que j'aurai pû dire, ce que j'aurai dû répondre. Ici et là. Tu aimerais revenir et écraser ces voix, ces questions pour briller un peu. Et alors tu songes dans le silence de ta maison ... où vont nos voix? Où s'évanouissent les timbres des paroles les plus tendres, les mots maintenant oubliés? Difficile de concevoir cet abîme où glissent d'abord un son, une phrase, une idée, puis nos enfin, nos vies aussi.

Minuit passé, personne avec qui jouer au jeu de la marmite. Dans ton lit, tu penses aux gens que tu aimes et tu pries pour eux. Mais une brume se lève dans le puits de ton ventre car les traits de leurs visages ne te parviennent plus. Sur la toile de la nuit, tu n'arrives plus à esquisser même le visage de tes parents.




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