samedi, novembre 18, 2006

Pain et amour

J'ai longtemps travaillé dans une boulangerie. Il y avait là un boulanger polonais ressemblant à un acteur jouant le rôle d'un boulanger polonais. C'était un homme dessiné à son métier, au corps calqué et rond comme la miche qu'il roulait avec sa paume. Sur les gâteaux d'anniversaire, il gravait avec une encre chocolaté les noms, d'une grâcieuse aisance, en laissant parfois une faute d'orthographe. Malgré ce temps près des fours, acheter un pain m'est encore toujours difficile, comme un moment d'égarement devenu presque familier. D'abord, la forme. Baguette, ficelle, épis, pistolet, belge, fougasse, fesses... et puis la farine comme second dilemne; blanche, blé, levain, seigle, ... j'opte parfois pour le multigrains pour les choisir tous.

L'amour est comme le pain. La vie de couple vient chercher à la même heure sa miche blanche, serrée sous son bras, sans question, sans conscience de sa chaleur maintenant éteinte.

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