mercredi, décembre 27, 2006

Fondre au noir

Nous avons plusieurs machines. Elles font des choses. Pour nous. C'est comme ça. J'en ai vu, dans des films, des gros trucs qui crachent du feu. Je voudrais parfois travailler dans une usine, être un steelworker si j'en avais le courage et le dos. Le visage en suie, et à longueur de journée, j'y ferai fondre le métal en lave, comme si mon coeur même explosait comme un Vésuve en boîte. Il y en a des machines même pour faire rugir un coeur asséché. Y'en a qui permettent de voir des choses qu'on croit affreuses. Les bactéries. Les virus. Les grandes pandémies, les grandes maladies mortelles sont parfois d'une beauté incroyable au microscope.

Mais les boutons, la mécanique ne peut expliquer cette vague. Le silence. La neige dehors. Assis sur le plancher, quand l'aiguille tique. Je remonte le temps. Parce que je ne suis plus aujourd'hui. La seule chose à lier est ma folie, mon absence. J'ai déjà quitté, pardon. Au cinéma, on appele ça une fondue enchaînée. Dans mon cas, il n'y a que les premières images, quelques souvenirs d'un passé heureux. Le reste est noir, et je vous attends, votre doux atterissage dans ma paume ouverte.

La nouvelle année arrive, mais je suis un générique de fin de film.

1 commentaire:

Anonyme a dit...

Je poste ici mes voeux de bonne année puisque je ne peux le faire ailleurs. J'ai bien pensé aux pigeons voyageurs, mais sans adresse, j'avais peur qu'ils se perdent dans les nuages.
Petits plaisirs et Grands bonheurs je te souhaite donc.
Et mille mercis pour tes mots qui bercent...