C'est une chute horizontale, peut-être croirait-elle à un instant intime, seule maintenant à traverser la nuit comme une lame sur laquelle miroite momentanément les lumières de la ville. "Après ce virage, ce sera le tunnel, et après le tunnel, un peu plus près de chez moi" se dit-elle. Son pied appuie un rien de plus sur la pédale comme on fait pour allonger les notes d'une prélude au piano. A la radio, un rythme primaire pulse comme son coeur adolescent dans une fête de déluge, mais se dissipe aussitôt l'automobile descendant sous les profondeurs du fleuve. Les lignes et les lumières, les couleurs; tout devient mosaîque, abstrait.
"Qu'y a-t-il derrière ces murs?" Avec sa main droite, elle tournera le bouton du volume avec une précision soignée. Crescendo et descrenscendo et on sentira presque le grichage des ondes interrompues devenir les vagues de la mer. Les bris et les cris des eaux, la voix d'un fleuve vers un temps ancestral où la vitesse n'était que projet. "Oh, depuis quand nos corps se projettent-ils ainsi?"
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