dimanche, septembre 21, 2008
lundi, septembre 01, 2008
Twin
Septembre me blesse. Chaque année, chaque fois pareil, comme si j’émergeais des saisons en titan et les deux pieds mêlés dans le courant qui me remonte. Tout me semble inatteignable, mon regard perché trop haut. Bien avant qu’elles ne s’écroulent, j’étais monté en haut de ces Twin, en passant par deux ascenceurs, un à la suite de l'autre... c’est ce qu’on racontait à tous nos amis après y être allé. Au sommet, on pouvait entendre, toutes les deux minutes, quelqu’un s’exclamer : « Les autos sont comme des jouets! ». Puis, une sorte de sérénité que je ne comprenais qu'à moitié, un silence pris dans le ciel béton. Des jouets miniatures comme des souvenirs de Titan, mes doigts les serrent minutieusement dans l'imaginaire, en ne fermant qu'un oeil pour aligner les astres.
J’aime beaucoup le velcro, même s’il s’use sous l’eau et finit par ne plus servir, comme des pétales brisées à nos souliers. Je me souviens nettement de mes pieds petits. Du cuir des sandales, des semelles de mes premiers Nike. Qu’il fallait qu'on s’agenouille pour me lacer. Juste une dernière fois, j'ai compris, ça y est. Et puis, le même septembre revient et j’aperçois dans le vestibule une si petite paire de chaussures, les pieds de maman et j'ai envie de pleurer.
vendredi, juillet 11, 2008
Par coeur
Le dernier poème que j'ai appris et récité est "L'Albatros" de Baudelaire, vers la fin de l'école secondaire. Comme nous procédions par ordre alphabétique, mon tour venait souvent après celui d'un garçon prodige du théâtre. Il avait bien sûr choisi Miron, qu'il a crié du bout de sa voix écorchée d'adolescent, en se mettant en scène, agenouillé au centre de la classe. La professeure avait été ravie, et la classe au complet, bien sûr. Puis vient mon tour.
Je n'avais rien prévu. Pas d'artifice, pas de surprise. Au contraire, je fixais immobile une brique dans le fond de la classe, pour ne pas perdre mes mots, pour ne pas perdre mon chemin dans les vers que j'avais cueillis. S'il fallait apprendre la poésie par coeur, je récitais comme on donne du sang. En prenant un grand souffle, le poing serré.
lundi, juin 16, 2008
Versets d'averses
Versé de spleen, versets d'averses, les lendemains ne sont à mes yeux que des possibilités de précipitations, des risques de pluies . Ten years on the coast, figuring out the weather... J'aimerais un jour grandir un peu et savoir certaines choses. Je les garderai toutes petites, dans le creux de ma poche. Je porterai un pantalon en lin et soyeux, flottant, et ouvrirai mes bras aux vents et à ces orages qui ne viennent pas.
lundi, juin 09, 2008
Ma famille
mardi, avril 29, 2008
Nouvelles du Nord
dimanche, avril 27, 2008
Empreintes
J'ai le sentiment d'une faim, de désirer passer à un autre âge. Si j'avais assez touché de ce monde? S'il me fallait souffler et voler maintenant? S'il me fallait tout dire aujourd'hui? J'ai besoin d'un nouvel instrument. À vent, peut être?
lundi, avril 07, 2008
Denim
L'étoffe rigide, les cordes s'y tressent.
Mon souffle à bout, du bout d'la langue,
Artères aversent, mon coeur est roche.
mardi, avril 01, 2008
Eau tiède
samedi, mars 29, 2008
Miroir
Comme le soleil,
Comme la lune,
Comme l'eau,
Sois clair et brillant
et reflète ce qu'il y a dans ton coeur.
mercredi, février 13, 2008
un peu d'ordre
aujourd'hui, je ne l'ouvre que pour consulter. jamais pour découvrir. je ne veux que réaffirmer le présenti, retrouver ces repères déchirées avec les jours. ou parfois, savoir l'ordre des choses. par exemple, a pour artifice. C'est l'art consommé, la manière de déguiser la vérité, et à la toute fin, pour ceux qui s'y rendent, encore une composition pyrotechnique.
lundi, février 04, 2008
Anthropométrie
dimanche, février 03, 2008
si j'étais une chanson
demain peut être, je glisserai sur la route et ce sera tout, une chanson qui n'a jamais débuté, une voix que personne ne connaît, ni ne regrettera. rien qu'une présence imaginaire.
je
suis
à peine du silence.
lundi, janvier 28, 2008
Sous terre
Mon père émerge du sous sol, le visage légèrement noirci, et un immense sac traîné dans le dos à la manière d'un enfant des mines. On arrivera peut être à bout de la pyrite qui ronge notre souterrain, nos entrailles, nos racines. Alors, on fait le ménage, pour recommencer de nouveau et briller en surface. On jette les vieux classeurs, de vieilles pages jaunies. Puis je pense à ce que grand-mère m'a dit plus tôt dans la journée:
"Regardes comment c'est. C'est exactement comme ça qu'il faudra le faire."
Elle me tendait une enveloppe déchirée: un faire-part. A l'intérieur, la photo d'une vieille amie, quelques souhaits et la date de son enterrement.
dimanche, janvier 20, 2008
Recettes d’hiver
Je ne pouvais voir leurs visages, engloutis dans l’ombre d’eux-mêmes. Comme le cou des cygnes qui se croisent, ils ne faisaient qu’une même silhouette, dont les arcs s’étaient une fois unis en une lueur d’étain sous le néon. Le comptoir des légumes. Entre une fuite de leurs corps, je vois l’objet de l’intimité : un jeune couple, un après midi d’hiver suspendu, un livre de recettes ouvert et immobile.
mercredi, janvier 09, 2008
Météo
Jusqu'au bout de mes yeux, j’ai collé une toile du désert, avec un impossible arrêt dans le temps et dans le souffle isolé d’un vent et la caresse d'une dune. Pourtant, on ne peut jamais retenir ces instants où même le grain flotte, léger.