mercredi, janvier 09, 2008

Météo

Jusqu'au bout de mes yeux, j’ai collé une toile du désert, avec un impossible arrêt dans le temps et dans le souffle isolé d’un vent et la caresse d'une dune. Pourtant, on ne peut jamais retenir ces instants où même le grain flotte, léger. Parce qu’au réel, le voyage est fait de turbulences. Ici, dans ma ville, on ne parle que du temps qu’il fait entre nous. De la direction où soufflent les vents. Des carcasses de toit qui gémissent. De l’heure de la rosée, de la pression atmosphérique, de la température ressentie, entre nous. Sur la traversée, s’étalent le givre et les nappes de brumes, l’inattendu et l’inespéré. Entre nous. Les jours se suivent sans cesse changeants et dans le désordre. Pourtant, tout glisse dans un flot si régulier, invisible à l’oeil nu. Doucement puis subitement. C'est ça qu'on se dit pour la mort ou l'oubli, tellement doucement, puis subitement. C'est un millième de degré à la fois, que pour l'éternité, fondent les glaces arctiques. Et le courant qui se libère m’emporte comme un train qui quitte son quai, pour s’enfoncer dans le néant du tunnel.

3 commentaires:

Nicolas a dit...

J'aime bien ta prose, continue.

Anonyme a dit...

Il est vivant! YÉ! Magnifique! Mène-moi vers d'autres lieux! Encore! Ne t'arrête pas!

Amnésie et autres cies... a dit...

De la direction des vents et des caprices du soleil...