Mon père peut passer des heures à genoux dans la jardin. J'ai jamais eu la verve. J'ai jamais eu le regard ou la voix qui vient avec.
En début d'été, je prends une fourchette pour racler le bloc de terre d'avant l'hiver. Et comme toujours, dans un petit trou creusé des ongles, je dépose cette petite plante. Je referme en tapant de la main, mais la déracine de nouveau: ce n'est pas assez creux, peut être. Encore de la terre? Est-ce le bon mélange? Pour le jardin ou l'empotage? Ensuite, on dit toujours qu'il faut l'inonder, comme un baptême j'imagine. Elle devient Saguenay hors du lit, hors du balcon, petite fuite, petite chute vers les voisins du premier. Sera-t-elle bien ici, grandira-t-elle?
Le lendemain matin, j'ouvre grand la vieille porte. L'air déjà se dépose comme une tonne de plumes sur les épaules. C'est comme hier, y'a toujours pas de fleur.
J'ai déjà entendu dire que tout était dans la richesse de la terre.
Dans mes souvenirs, t'étais pas là. Ou bien oui, mais jamais nous mêmes dans nos propres yeux. Je ne sais par où pardonner, par où oublier. Je ne sais pas si tu as déjà aimé maman. Je ne sais pas où tu es. D'autres disent que tout est dans l'art de l'arrosage. Mais pour moi, l'espoir ne pousse plus.
samedi, mai 26, 2007
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1 commentaire:
Parfois certaines fleurs poussent à l'envers, dans l'obscurité du renoncement. Et pourtant, lorsque la fleur éclot, elle est pleine de lumière...
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