samedi, juin 16, 2007

des robes

Même à vingt ans, le voile de la nuit sur la joue, les jours filent toujours et sans relâche. Je remonte comme un train les lignes blanches vers mon quartier qui dort. Les gens de mon âge quittent les bars, et hèlent taxi. Aux feux rouges, je m'arrête, discipliné et pour laisser cette cycliste me rattraper. Elle, en robe sang et encre, me double au carrefour vide alors que j'attends, innocent. Je la redépasse à mon tour, mais n'ose découvrir son visage, n'ose voler les traits de sa figure. Le manège reprend, elle me surpasse et ne s'arrête jamais aux coins des rues. Puis, je m'élève de la selle pour prendre vitesse, pour que mes yeux puissent effleurer sa peau. Mais elle tourne, comme une page d'un roman, me laissant hagard, avec le nom de sa rue qui rit silencieusement de moi. Bellechasse... Même à vingt ans, les nuits et ses robes se dérobent comme un peloton à l'horizon.

1 commentaire:

Amnésie et autres cies... a dit...

*Sourire*
Tes mots sont toujours aussi doux à la lecture...