La lumière a des noms.
À travers le feuillage d'un érable, en contre-plongée, elle peut aveugler et dissoudre la pupille. Un midi d'hiver, elle peut s'étendre sous nos pieds, dans les banquises, se déposer sur le tissus de l'oreiller. Mais peu importe l'angle d'inclinaison du globe, le nom des saisons, des soltices, c'est mon oeil, rien que lui, qui la baptise. Chaque fois. Elle est froide, si frêle dans un film sur l'ex-RDA. Elle est chaude dans la cuisine de grand-mère, quelquechose dans l'ampoule ou la couleur des murs... Mais ici, maintenant, dans cette chambre, c'est d'une douce tiédeur qui tire de mon oeil une ficelle. Mon iris joue la manche du clown et veut laisser s'effiler une trainée de mouchoirs. Ou de larmes. On ne sait plus.
En arrivant chez moi tard dans la nuit, j'ai bougé les meubles. Le lit ici, plutôt. Le divan là peut être. Ou plutôt... comme ça. Tout semble dans l'ordre. Patient comme une nature morte. La lampe de chevet projette un éclairage crépuscule et bas, et on se tient dans le cadre de la porte comme la navette en orbite, plus haut que l'astre. Je regarde ma scène, patient comme une nature morte. La lumière a un nom, et ce soir, ma pupille la nomme 'absence'.
C'est elle qui me fait ça?
mardi, février 27, 2007
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1 commentaire:
*Sourire*
À ta question, ma réponse:
Sûrement.
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