Quand toutes les lettres sont alignées dans un certain ordre, on obtient parfois une phrase. Comme lorsqu'on s'exécute au piano, le doigté énoncent les phrasés quand on ne trébuche pas ici et là dans des pièges d'allégresse. L'agilité, la souplesse dans l'exécution peut tromper. Il m'est déjà arrivé d'entendre certain s'extasier devant des mélodies, une prouesse qu'on méprendrait pour du génie. Wow, c'est tellement beau, jamais je ne pourrais faire ça. Parfois, tout devient tellement prévisible, les répliques et les regards d'un ami, le boum-boum d'une soirée, ce même vide partout.Ton ami dans l'ivresse de la nuit te lance une phrase incongrue en terminant sur les lèvres de son amour comme pour une tentative désespérée de te rejoindre, de t'étouffer. Qu'est-ce que tout cela tu te demandes. Courir sur la nuit dans une auto noire et ne rien voir dehors. Quand l'amour même ne sert qu'à consoler. Quand on est que pour d'autres. L'indiférrence.
La musique, c'est comme les mots. L'illusion de la virtuosité et du prodige n'apparaît qu'aux âmes flouées et myopes. Il y a une différence entre la parole et la poésie, entre les gammes et le feu sous la peau.
dimanche, juillet 30, 2006
jeudi, juillet 20, 2006
Espérances de vie
J'ai 22 ans cette année et l'homme de mon pays s'éteint à 77.2 années de vie. Cela me situe à 28,57% du parcours. Si la vieillesse est le décembre de nos vies, je me situe dans l'échelle d'une année à la deuxième semaine d'avril. C'est encore le printemps, c'est vrai, mais si les saisons ne passaient qu'une seule fois? Si les cerisiers ne fleurissaient qu'un seul jour?
Tout n'est que mathématique, mathématique-tac, tic-tac, tic-tac, nous coulons sous le sablier renversé. Comme pour ces grains de sable dont la chute est inévitable, tout demeure lointain, inacessible derrière la paroi de verre. Rien à quoi s'accrocher, rien pour nos mémoires. Mais c'est le sable même qui créa le verre, sa cage...
Tout n'est que mathématique, mathématique-tac, tic-tac, tic-tac, nous coulons sous le sablier renversé. Comme pour ces grains de sable dont la chute est inévitable, tout demeure lointain, inacessible derrière la paroi de verre. Rien à quoi s'accrocher, rien pour nos mémoires. Mais c'est le sable même qui créa le verre, sa cage...
mardi, juillet 18, 2006
l'Amour est à Villeray
Voici une annonce, une p.a.c, lue sur www.lespac.com.
Montréal/Villeray, Montréal (ouest) Qc
DATE DE PARUTION : 2006-07-17
Triste? Down? On vous remonte le moral
Ce site internet permet de trouver des matelas, des selles pour vélo, des vieux posters, de tout mais aussi un peu d'amour qui coûte ici 5 dollars la journée. Il ne semble pas y avoir de contrat nécessaire comme avec les compagnies téléphoniques, où les offres sont souvent valables que pour une durée d'un an. L'épicentre de l'Amour à revendre se situe à Villeray, à 7 kilomètres de chez moi. Mais la distance n'importe pas, car l'amour transperse les frontières, même celles du réel, du tangible. Envoyer moi un poème d'amour avec une ligne vide où je n'aurai qu'à ajouter mon nom. Appelez moi le matin, quand je croupis sous le spleen. Faites moi parvenir des cybercâlins l'après-midi, quand j'arrive vers 5 heures sous le désordre de mes émois. Dites moi comme je vous importe, comme je vous rend heureux, comme vous m'aimez.
Comment on épelle mon nom?
Montréal/Villeray, Montréal (ouest) Qc
DATE DE PARUTION : 2006-07-17
Triste? Down? On vous remonte le moral
Vous vous sentez triste? Vous avez besoin qu'on vous remonte le moral? Vous voulez vous sentir aimé? important? apprecié? special? precieux? On vous contactera (appels, messages textes, telephone, emails...etc.) tout au long de la journee pour vous faire sentir aimee et speciale. Vous allez recevoir des 'petites pensees' et qui feront sentir bien et plus appreciee. Envoyez nous un email a: bhamel2000@hotmail.com et on vous aidera a vous sentir mieux.
Ce site internet permet de trouver des matelas, des selles pour vélo, des vieux posters, de tout mais aussi un peu d'amour qui coûte ici 5 dollars la journée. Il ne semble pas y avoir de contrat nécessaire comme avec les compagnies téléphoniques, où les offres sont souvent valables que pour une durée d'un an. L'épicentre de l'Amour à revendre se situe à Villeray, à 7 kilomètres de chez moi. Mais la distance n'importe pas, car l'amour transperse les frontières, même celles du réel, du tangible. Envoyer moi un poème d'amour avec une ligne vide où je n'aurai qu'à ajouter mon nom. Appelez moi le matin, quand je croupis sous le spleen. Faites moi parvenir des cybercâlins l'après-midi, quand j'arrive vers 5 heures sous le désordre de mes émois. Dites moi comme je vous importe, comme je vous rend heureux, comme vous m'aimez.
Comment on épelle mon nom?
vendredi, juillet 14, 2006
Les limbes
- Est-ce que ça, c'est votre nom au complet?
- Ouuui , mon hésitation me surprend, après tout, je suis bien placé pour le savoir.
- Donc, c'est le même que sur le baptistaire, y'a pas de Joseph au milieu, ou quelquechose?
- Non. Pas de Joseph dans mon nom.
La négation fut entièrement positive. D'abord, il y a eu ces lignes lors de la conversation au téléphone dont je n'étais pas certain de comprendre l'enjeu. Vais-je rentrer dans le Royaume de Dieu? Serais-je confié à la miséricorde du Seigneur? Nous les foetus, les embryons sans l'eau sanctifiante du baptème, où irons-nous? "À moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut voir le Royaume de Dieu" (Jn 3, 5) Mais nous n'avons pas pêché, pas offensé Dieu, et ne sommes pas baptisés. Les limbes nous attendent-ils?
- D'accord, c'est seulement pour le suivi judiciaire, puisque c'est le gouvernement du Canada qui nous emploi.
- Can you speak English?
C'est la réplique soudaine, le moment artifice qui me fait sourire à l'intérieur. Ne serait-ce pas plus délicat de poser la question en français? Can you speak English? s'entend How well do you speak it? Et démontrez-le moi tout de suite, car je ne l'oublie pas, je suis en pleine opération de charme.
- Where did you learn it?
- At school, but also with tv and movies I guess...
- Can you tell me about your last job... why did you ...quit?
Sa propre maîtrise de la langue semble douteuse, alors que je suis celui sous évaluation. Je lui explique que je suis parti en voyage quelques temps. Que j'ai fait la cuisine chez les soeurs que quelques mois. J'aime qu'on me pose des questions, car parler est un goût que je développe encore. Tout vient en rafale, plus ça va, plus je deviens flot de paroles vides, car on se fout de qui je suis. Pourvu que mon casier judiciaire soit propre, que mon permis de conduire soit valide, qui mon numéro d'assurance sociale soit juste.
- ok, donc c'est quoi tes dispo?
Fermer la paranthèse, retour au français.
Puis elle me tend une feuille de papier, je la reçois avec mes deux mains, comme mes parents m'ont toujours dit de faire. Elle est titrée: Groom & Associés. Timesheet. Mon nom y est déjà indiqué, je suis le 3262. En bas et à droite de la page sont indiqués les jours de la semaine sur la colonne, alors que la rangée au dessus affichent les articles de/from et à/to. Quelquechose me dévore. Je suis devenu une grille, et mes jours seront calculés, divisés en chiffres pour être casés ici AM puis là PM. J'apprendrai que les couleurs ne peuvent que danser à l'intérieur des lignes. Rien ne doit dépasser.
- Ouuui , mon hésitation me surprend, après tout, je suis bien placé pour le savoir.
- Donc, c'est le même que sur le baptistaire, y'a pas de Joseph au milieu, ou quelquechose?
- Non. Pas de Joseph dans mon nom.
La négation fut entièrement positive. D'abord, il y a eu ces lignes lors de la conversation au téléphone dont je n'étais pas certain de comprendre l'enjeu. Vais-je rentrer dans le Royaume de Dieu? Serais-je confié à la miséricorde du Seigneur? Nous les foetus, les embryons sans l'eau sanctifiante du baptème, où irons-nous? "À moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut voir le Royaume de Dieu" (Jn 3, 5) Mais nous n'avons pas pêché, pas offensé Dieu, et ne sommes pas baptisés. Les limbes nous attendent-ils?
- D'accord, c'est seulement pour le suivi judiciaire, puisque c'est le gouvernement du Canada qui nous emploi.
***
Lendemain matin. Au treizième étage. Je rencontre cette voix. Elle regarde mon cv. Nous parlons un peu.- Can you speak English?
C'est la réplique soudaine, le moment artifice qui me fait sourire à l'intérieur. Ne serait-ce pas plus délicat de poser la question en français? Can you speak English? s'entend How well do you speak it? Et démontrez-le moi tout de suite, car je ne l'oublie pas, je suis en pleine opération de charme.
- Where did you learn it?
- At school, but also with tv and movies I guess...
- Can you tell me about your last job... why did you ...quit?
Sa propre maîtrise de la langue semble douteuse, alors que je suis celui sous évaluation. Je lui explique que je suis parti en voyage quelques temps. Que j'ai fait la cuisine chez les soeurs que quelques mois. J'aime qu'on me pose des questions, car parler est un goût que je développe encore. Tout vient en rafale, plus ça va, plus je deviens flot de paroles vides, car on se fout de qui je suis. Pourvu que mon casier judiciaire soit propre, que mon permis de conduire soit valide, qui mon numéro d'assurance sociale soit juste.
- ok, donc c'est quoi tes dispo?
Fermer la paranthèse, retour au français.
Puis elle me tend une feuille de papier, je la reçois avec mes deux mains, comme mes parents m'ont toujours dit de faire. Elle est titrée: Groom & Associés. Timesheet. Mon nom y est déjà indiqué, je suis le 3262. En bas et à droite de la page sont indiqués les jours de la semaine sur la colonne, alors que la rangée au dessus affichent les articles de/from et à/to. Quelquechose me dévore. Je suis devenu une grille, et mes jours seront calculés, divisés en chiffres pour être casés ici AM puis là PM. J'apprendrai que les couleurs ne peuvent que danser à l'intérieur des lignes. Rien ne doit dépasser.
mardi, juillet 11, 2006
a momentary act of madness

Yeah, the other player was out of line. Zin could have killed him though. A local player was killed with a ball to the chest. Also my kids watched that game (age 4 and 2). They started head butting each other in the chest... tel que lu sur un forum discutant de l'incident Zidane-Materazzi
Plusieurs professionels italiens de la lecture sur les lèvres ont été interpellés et quelques interprétations furent proposées, Materazzi aurait dit à Zidane:
" son of a terrorist whore" ou "I wish you and your family die an ugly death."
Puis dans un quelconque quotidien:
Zinédine Zidane began life as a street footballer in La Castellane, the tough suburb of Marseille in which he grew up. He ended it last night as a street fighter in one of Europe's most historic stadiums and in front of a worldwide audience of millions.
À son retour sur les champs élysés, Zidane est acceuilli comme héros par le président de la République, qui comme le peuple français lui offre pardon et compassion pour son acte disgrâcieux.
"...The dishonest, double-crossing Jacob goes on to become the leader of the Jews, and Esau is left out in the cold, a forgotten man, a worthless nobody... Jacob had the spark of life in him, and Esau was a dumbell... If you're going to choose one of them to lead your people, you'll want the fighter, the one with cunning and wit, the one with the energy to beat the odds and come out on top. You choose the strong and clever over the weak and kind...He might not always play by the rules, but he's got spirit. And when you find a man with spirit, there's still some hope for the world." Paul Auster - The Brooklyn Follies
vendredi, juillet 07, 2006
La visite
Il m'arrivait parfois de regretter d'avoir faire du cinéma le matin et de vouloir être en classe après tout. J'ai connu aujourd'hui l'ennui comme seuls les enfants restés allongés au lit le savent, la lenteur, les milles pas qu'on compose, les soupirs indétachables, les yeux perdus dans les motifs du papier peint, le téléphone comme l'appétit: muet.
HAAAAAAAAAAAAAAAAAA
Je crie. Juste un peu. Rauque. Faux. Ca fait dix fois que je repasse dans la même pièce, mais pourquoi? Quelquechose de travers dans ma cage, un sceptre, mais à qui la main? Je profite pour vérifier mes courriels, espérant un miracle tombé cette dernière minute. Enlarge your penis. Stretching pussies La mode est à l'acrobatie sexuelle, soyons architecte de notre corps, cette feuille de papier.
Il est déjà 8 heures du soir, les rideaux du jour se ferment bientôt, je prend mon courage à deux mains pour sortir. C'est là que je trouve par terre, sur les murs, dans et sous mes souliers, elles sont partout. Des milliers, des milliards de fourmis. Comment savoir, comment compter? D'autant plus fascinant qu'elles aient choisi la porte de devant, je me dis, elles ont peut-être même essayé la sonnette. Comme l'eau d'une pluie trop forte, elles coulent sous la porte. Et j'ai été frappé d'une profonde tristesse. Comme si j'avais quitté mon corps, et vu ma propre incompréhensible errance.
HAAAAAAAAAAAAAAAAAA
Je crie. Juste un peu. Rauque. Faux. Ca fait dix fois que je repasse dans la même pièce, mais pourquoi? Quelquechose de travers dans ma cage, un sceptre, mais à qui la main? Je profite pour vérifier mes courriels, espérant un miracle tombé cette dernière minute. Enlarge your penis. Stretching pussies La mode est à l'acrobatie sexuelle, soyons architecte de notre corps, cette feuille de papier.
Il est déjà 8 heures du soir, les rideaux du jour se ferment bientôt, je prend mon courage à deux mains pour sortir. C'est là que je trouve par terre, sur les murs, dans et sous mes souliers, elles sont partout. Des milliers, des milliards de fourmis. Comment savoir, comment compter? D'autant plus fascinant qu'elles aient choisi la porte de devant, je me dis, elles ont peut-être même essayé la sonnette. Comme l'eau d'une pluie trop forte, elles coulent sous la porte. Et j'ai été frappé d'une profonde tristesse. Comme si j'avais quitté mon corps, et vu ma propre incompréhensible errance.
mardi, juillet 04, 2006
Écrire.
Commencer en font 26 pour mieux voir les mots. Pour me faire croire que ce que j’ai à dire pourrait importer à quelqu’un. Qu'arrivera t-il à ce lieu de confession? La couleur de la rouille ou de l'oubli existe-elle sur le cyber-espace? Si je meurs, il n'y aura pas de lettres secrètes sous mon lit. Mes mots, ici, m’inventent, pour qu’on puisse un jour me retrouver, me déterrer, puis me nommer.
J’aurai voulu être si étourdi pour enfin confondre mes langues, mes phrases, les respirer et ne plus être lié. J’aurai voulu ne pas effacer chaque mot comme obsédé par la peur des traces derrière et du blanc devant. Peut être l’ordinateur est-il devenu un lieu de recueillement, recueil et ment comme dans un moment de prière, seul. Mais on tournera toujours autour du vrai, autour de l’insaisissable proie.
Écrire est un verbe qui me conjugue...
J’aurai voulu être si étourdi pour enfin confondre mes langues, mes phrases, les respirer et ne plus être lié. J’aurai voulu ne pas effacer chaque mot comme obsédé par la peur des traces derrière et du blanc devant. Peut être l’ordinateur est-il devenu un lieu de recueillement, recueil et ment comme dans un moment de prière, seul. Mais on tournera toujours autour du vrai, autour de l’insaisissable proie.
Écrire est un verbe qui me conjugue...
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