mardi, avril 29, 2008
Nouvelles du Nord
Je ne pensais pas recevoir de tes nouvelles. Je savais que j'étais devenu le côté sombre de la lune, ou bien étais-ce toi? Qu'aucun rayon n'aurait le souffle de se déposer dans ces zones de pénombre à perte de vue. J'aurais aimé ne pas être Pyongyang pour toi et je lis les lettres, leurs pentures sombres sur la délicatesse du papier, alors que l'autobus bondé me berce comme en plein hiver. La nouvelle, dans le coin d'une page comme d'un timbre dans le coin d'une carte-postale. Je lis que la flamme serait passée sur ton artère, sans incident. Les rues remplies de gens agitant des fleurs en papier...
dimanche, avril 27, 2008
Empreintes
J'ai besoin d'apprendre du nouveau. Mais je ne sais que jouer avec les doigts. Mon enfance est une collection de moments infimes, des textures très fines accumulées au fil des heures. Dans la cour, je cumulais ces tableaux du bout de l'index. J'en ai gardé le souvenir intacte du toucher, des rudesses et des douceurs de tout autour, dans le fond de ma poche. Couché dans mon lit, vingt ans plus tard, je sais toujours ce que c'est. Poser mes doigts sur la grille grise de l'école, l'odeur de la terre et des buissons sous les ongles, le sable tiède d'un après midi qui glisse sur la paume.
J'ai le sentiment d'une faim, de désirer passer à un autre âge. Si j'avais assez touché de ce monde? S'il me fallait souffler et voler maintenant? S'il me fallait tout dire aujourd'hui? J'ai besoin d'un nouvel instrument. À vent, peut être?
J'ai le sentiment d'une faim, de désirer passer à un autre âge. Si j'avais assez touché de ce monde? S'il me fallait souffler et voler maintenant? S'il me fallait tout dire aujourd'hui? J'ai besoin d'un nouvel instrument. À vent, peut être?
lundi, avril 07, 2008
Denim
Je suis prude et mes jeans troués.
L'étoffe rigide, les cordes s'y tressent.
Mon souffle à bout, du bout d'la langue,
Artères aversent, mon coeur est roche.
L'étoffe rigide, les cordes s'y tressent.
Mon souffle à bout, du bout d'la langue,
Artères aversent, mon coeur est roche.
mardi, avril 01, 2008
Eau tiède
Je ne sais pas trop ce qu'est l'amour ces derniers jours. Je pense qu'il a une odeur un peu pastel, du genre made in china. Il m'arrive de flatter le chat très intensément en lui faisant croire que je lui donnes de l'affection, alors que c'est moi qui lui dérobe. Il ronronne, moi je le tais à ma manière. Puis, il en a assez et part un peu plus loin. Je me lève pour aller à la salle de bain. J'ai appris à connaitre mes allergies avec le temps. Après ces moments de douceur et de langueur, je me frotte les mains vigoureusement à l'eau un peu tiède. Enfin, il ne me reste que ce parfum de savon économique fabriqué dans une ville industrielle sans nom.
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