mercredi, février 13, 2008

un peu d'ordre

je me suis souvenu. il a fallu un jour apprendre à utiliser le dictionnaire, comprendre comment articuler l'ordre alphabétique. on récitait son air. mais comment savoir que O précédait P, sans repartir de A? alors on a découpé 26 petits morceaux de papiers. collés en début des sections, nos repères étaient fixés. le dictionnaire fermé, je voyais que C était la tranche la plus épaisse. il avait tant de choses à apprendre.

aujourd'hui, je ne l'ouvre que pour consulter. jamais pour découvrir. je ne veux que réaffirmer le présenti, retrouver ces repères déchirées avec les jours. ou parfois, savoir l'ordre des choses. par exemple, a pour artifice. C'est l'art consommé, la manière de déguiser la vérité, et à la toute fin, pour ceux qui s'y rendent, encore une composition pyrotechnique.

lundi, février 04, 2008

Anthropométrie

L'aiguille de la balance est tellement crochie, usée de poussière et de temps, qu'elle s'arrête que parfois au même point. C'est un brin inquiétant pour un dimanche soir en quête de mesures. Et si c'était de ma faute? C'est quoi ma vraie masse? Je n'ai jamais su. Se pèse-t-on habillé ou nu? Si j'en juge par les compétitions de boxe et les vieux au gym, le poids ne relève que de soi, sans couverture, sans deuxième peau. N'est-ce pas se mentir, de croire que les jours sont sans artifices?

dimanche, février 03, 2008

si j'étais une chanson

un certain jour, il faut se lever. appuies sur play, et attends un peu. Un peu, mais il n'y a pas de un, deux, trois, quatre, rien pour annoncer la mesure, personne pour gratter la première corde.
demain peut être, je glisserai sur la route et ce sera tout, une chanson qui n'a jamais débuté, une voix que personne ne connaît, ni ne regrettera. rien qu'une présence imaginaire.

je
suis
à peine du silence.