Le vent se lève et vient vers moi, par moi, si j'étais un verre, il me ferait souffler, verser la mer en entier dans la paume de la terre. La saison porte mieux son nom en anglais.
FALL. I'M FALLING DOWN, AND UP AGAIN.
Dans le jardin, les feuilles des bananiers se déchirent comme des haillons dans le temps, des dures fissures dans les rocs. À chaque année, le glas sonne dans les airs, c'est une mélodie de fin de symphonie: ensemble tout les cuivres, les violons, les percussions. Et tout les vents. Et tout ces vents qui crachent sur les arbres. Nous tombons, nos écorces crient et nos troncs rompent. Arbres renversés, tristesses versées, le jardin est un champ de guerre, un champ d'oublis déjà.
Nos jolis bananiers aux airs d'ailleurs et de chez moi, papa les soigne dès la sortie du printemps, en les plaçant dans des pots bien choisis. Je vois dans ses mains dans cette terre qui reste dans les ongles, un moment d'exil et de souvenir. Après 30 ans à Montréal, ses racines creusent et creusent, ses branches grimpent et grimpent trop vite. Il meurt un peu sous mes yeux, sous le poids d'une voile trop grande pour son corps. Et tout les vents le traverse.
mercredi, septembre 12, 2007
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