mardi, septembre 25, 2007

24 heures

Pourquoi nomment-ont les heures "du matin" quand le noir ne vient que nous recouvrir? La mi-nuit dure bien plus qu'une seule heure, j'en suis convaincu. Et quand la ville se referme, je cherche une larme de lumière, un petit ilôt où échouer. Où? "Le nouveau palais" on m'a répondu. C'est de l'archéologie vivante, d'accord, je m'asseois et fixe le vide, mais le plaisir et la chaleur ont quitté avec le jour. Je ne pense qu'à revenir chez moi, être sous l'eau chaude, et au goût du savon qui se dépose sur mes lèvres.

mercredi, septembre 12, 2007

Et tout les vents

Le vent se lève et vient vers moi, par moi, si j'étais un verre, il me ferait souffler, verser la mer en entier dans la paume de la terre. La saison porte mieux son nom en anglais.

FALL. I'M FALLING DOWN, AND UP AGAIN.

Dans le jardin, les feuilles des bananiers se déchirent comme des haillons dans le temps, des dures fissures dans les rocs. À chaque année, le glas sonne dans les airs, c'est une mélodie de fin de symphonie: ensemble tout les cuivres, les violons, les percussions. Et tout les vents. Et tout ces vents qui crachent sur les arbres. Nous tombons, nos écorces crient et nos troncs rompent. Arbres renversés, tristesses versées, le jardin est un champ de guerre, un champ d'oublis déjà.

Nos jolis bananiers aux airs d'ailleurs et de chez moi, papa les soigne dès la sortie du printemps, en les plaçant dans des pots bien choisis. Je vois dans ses mains dans cette terre qui reste dans les ongles, un moment d'exil et de souvenir. Après 30 ans à Montréal, ses racines creusent et creusent, ses branches grimpent et grimpent trop vite. Il meurt un peu sous mes yeux, sous le poids d'une voile trop grande pour son corps. Et tout les vents le traverse.