dimanche, septembre 21, 2008
lundi, septembre 01, 2008
Twin
Septembre me blesse. Chaque année, chaque fois pareil, comme si j’émergeais des saisons en titan et les deux pieds mêlés dans le courant qui me remonte. Tout me semble inatteignable, mon regard perché trop haut. Bien avant qu’elles ne s’écroulent, j’étais monté en haut de ces Twin, en passant par deux ascenceurs, un à la suite de l'autre... c’est ce qu’on racontait à tous nos amis après y être allé. Au sommet, on pouvait entendre, toutes les deux minutes, quelqu’un s’exclamer : « Les autos sont comme des jouets! ». Puis, une sorte de sérénité que je ne comprenais qu'à moitié, un silence pris dans le ciel béton. Des jouets miniatures comme des souvenirs de Titan, mes doigts les serrent minutieusement dans l'imaginaire, en ne fermant qu'un oeil pour aligner les astres.
J’aime beaucoup le velcro, même s’il s’use sous l’eau et finit par ne plus servir, comme des pétales brisées à nos souliers. Je me souviens nettement de mes pieds petits. Du cuir des sandales, des semelles de mes premiers Nike. Qu’il fallait qu'on s’agenouille pour me lacer. Juste une dernière fois, j'ai compris, ça y est. Et puis, le même septembre revient et j’aperçois dans le vestibule une si petite paire de chaussures, les pieds de maman et j'ai envie de pleurer.