La solitude sort des fabriques, usinée comme le paysage jusqu'à l'horizon, qu'on forge en un vaste désert d'êtres. Je suis ce que je mange, comme ce thon tard la nuit. Le son de la cuillère qui râcle le fond de la conserve, même résonnance qu'une voix dans une maison vide, une note embrouillée çà et là. C'est à l'échelle et c'est à s'y méprendre. Le frottement du métal sur le métal, du gris sur le gris, c'est le froid contre le froid sous ta peau.
Y'a rien comme une personne pour te faire sentir loin du monde. C'est trop simple. Y'a qu'à ne pas la regarder dans les yeux, ne pas poser de question. Il suffit de faire fi, faire si, faire rien. Y'a qu'à passer au travers. Passer au travers même si c'est son propre fils.
Je suis ce que je mange, une trace. Pâle et en morceaux.
dimanche, novembre 11, 2007
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