mercredi, juillet 25, 2007

Altitude

Ma première montre s'appelait Ironman. Il y était écrit, juste sous le cadran de l'heure, en très petit: 100m. Comme un secret que personne n'entendait, la mesure épelait un lieu: sous la mer, dans le creux d'une épave, dans les racines du voyage des vagues. Mais je ne pouvais le mettre à l'épreuve. Je ne verrais pas cette profonde altitude. Le miroir de la piscine m'arrêtait, me paralysait de peur. Et je savais déjà que je ne me rendrais jamais.

Personne de mon âge ne court le marathon. Ni le triathlon. Le fond se tient à distance, un peu envoûtant, trop vertigineux. Nous préférons la route, excéder d'excès, vivre ivre de vitesse. Périr sur le pavé, se sublimer et ne laisser qu'une carcasse mécanique.

La course est la même, peut être, avec la même urgence de combler un retard. Mais j'ai envie d'apprendre à nager pour un jour, très lentement, traverser une rivière.

mardi, juillet 17, 2007

L'intermarché

Le soleil se couche presque. Les pères s'inquiètent sous le crépuscule, les genoux sur la ligne de touche. Les jeunes enfants courent d'un côté puis de l'autre. Entre tous, un ballon qui ne fait que s'échapper. Drôle de paysage, pendant un cours instant, j'imagine l'immense grue tirer les enfants par une ficelle invisible, vers le ciel. Mais derrière nous tous, ces tours immobiles de l'incinérateur éteint s'ancrent, imposantes et éternelles comme l'âge de pierre.

***

Les portes coulissantes glissent et j'échappe un moment de la nuit. Le néon m'acceuille, me recueille comme un fruit mûr tombé de ses branches. J'aimerais être une pomme, rouler vers ces rayons et me ranger. Avoir l'avantage des apparences, briller, éclater, éclipser le ver qui dévore le coeur de l'intérieur. C'est comme ça, parce que le plaisir nocturne défie tout, le sommeil et le silence, comme un phare sur l'estuaire.