J'ai jamais eu peur d'elle. On m'a déjà raconté que mon arrière grand père élevait des ruches, pour que coule cette insouciance comme un lent cours d'eau dans nos veines. L'abeille travaille trop fort pour se soucier de moi. Je pensais, je savais être intouchable, car l'enfance m'est restée collée à la peau, mon écorce increvable. J'ai jamais eu peur d'elle, car à mes yeux, elle n'était qu'une douce danse.
En préparant mes boîtes pour le déménagement, je vois qu'un nid de guêpes a germé dans la remise. Elles suivent le 1er juillet comme nous. J'approche tranquillement pour prendre la boîte. Trop tard. La piqûre me perce, incisive comme la brûlure.
Le soir. Téléphone. Quoi? La mort d'une tante. Comme ça, en deux jours, sans avertissement. Plus ça va, à chaque jour, même là, une pluie en après midi, et je sais, je vois maintenant, que la vie, la mort, tout ressemble à la danse d'une abeille, si près de la peau.
samedi, juin 30, 2007
samedi, juin 16, 2007
des robes
Même à vingt ans, le voile de la nuit sur la joue, les jours filent toujours et sans relâche. Je remonte comme un train les lignes blanches vers mon quartier qui dort. Les gens de mon âge quittent les bars, et hèlent taxi. Aux feux rouges, je m'arrête, discipliné et pour laisser cette cycliste me rattraper. Elle, en robe sang et encre, me double au carrefour vide alors que j'attends, innocent. Je la redépasse à mon tour, mais n'ose découvrir son visage, n'ose voler les traits de sa figure. Le manège reprend, elle me surpasse et ne s'arrête jamais aux coins des rues. Puis, je m'élève de la selle pour prendre vitesse, pour que mes yeux puissent effleurer sa peau. Mais elle tourne, comme une page d'un roman, me laissant hagard, avec le nom de sa rue qui rit silencieusement de moi. Bellechasse... Même à vingt ans, les nuits et ses robes se dérobent comme un peloton à l'horizon.
S'abonner à :
Commentaires (Atom)